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Interview Interview : Margaux DONZEL (FCG Amazones)

El_Presidente

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Grenoble
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Margaux Donzel, c’est une des figures emblématiques du FCG Amazones. 20 ans de présence au club ça vous pose une joueuse. La pilier des Amazones nous a accordé une interview au cours de laquelle elle fait le point sur le début de saison de l’équipe Élite (mais également sur l’équipe réserve dont Margaux est une des coachs), sur le rythme des entrainements et sur le statut des joueuses qui sont amateurs avec des statuts particuliers pour certaines.

RA : Margaux l’équipe Elite 1 effectue un très bon début de saison

MD : oui effectivement. Cette année en raison de la coupe du monde le championnat a débuté en décembre. Cependant dés le mois de septembre nous avons joué quelques matchs de coupe de France qui ont été plutôt aboutis. Ensuite, en championnat nous avons bien attaqué les 1ers matchs même si on se loupe lors de notre match à Romagnat. On espérait mieux en se déplaçant en Auvergne, mais nous restons tout de même 2èmes de la poule, ce qui est de bon augure !

RA : le recrutement a été une source de progression. On a l’impression que l’équipe est plus puissante. On a pu le voir lors du dernier match face à Blagnac.

MD : oui ce match face aux vice- championnes de France, c’est le match référence en termes d’intensité ainsi que sur le plan physique. A chaque collision ça faisait hyper mal mais nous avons su soutenir la comparaison. Le retour de nos internationales (ndlr : Manae Feleu, Alexandra Chambon et Émeline Gros) nous a fait du bien. Nous avons cette année une 3ème ligne très combative et un pack très solidaire.

RA : cette équipe de Grenoble est relativement jeune. Il y a une belle marge de progression

MD : oui. Si on m’enlève, la moyenne d’âge tombe à 20 ans ! (rires) Les jeunes poussent ! Cela fait 2 ou 3 saisons que l’on joue toutes ensemble. La mayonnaise commence à prendre, c’est très encourageant. On se connait par cœur. C’est très important notamment en défense. Cela nous permet de ne pas avoir de déconnexion dans ce secteur de jeu.

RA : ces jeunes joueuses, dont certaines sont même surclassées, sont au niveau…

MD : Carrément ! Certaines font parti du Pôle France, elles y retournent une fois par mois. La plupart des filles sont issues de l’académie. Elles arrivent donc avec un bagage technique complet. A titre de comparaison lorsque j’ai débuté le rugby il n’y avait pas d’équipe cadette. Je m’entrainais avec les « vielles » et dans ce cas-là, tu ne prends pas forcément les bonnes habitudes ou les bonnes attitudes. Là on a des filles qui savent faire des passes des deux côtés voire même taper au pied des deux côtés. La technique de plaquage est irréprochable et leur vision du jeu est déjà d’un haut niveau. C’est une chance pour nous. De plus ce groupe malgré son jeune âge est hyper travailleur, c’est « tout bénéf » pour l’équipe.

RA : tu parles de travail. C’est quel rythme d’entrainement pour les Amazones ?

MD : c’est 4 entrainements par semaines le soir et quasiment autant de préparation physique. Pour celles qui le peuvent, il est possible de s’entrainer en plus, les mardis, mercredis et jeudis midi. Le vendredi étant un jour off lorsqu’on a match le dimanche.

RA : tu parlais des internationales, leur présence doit certainement amener beaucoup au groupe ?

MD : Carrément ! Ce sont des leaders naturels. On a donc vite tendance à les écouter. Cela dit, nous sommes en admiration devant ces filles. Elles viennent de vivre un truc extraordinaire en participant à la coupe du monde. Cela n’arrive pas tous les 4 matins et surtout pas à tout le monde. Elles sont revenues avec de l’expérience et des connaissances supplémentaires et elles nous les transmettent avec plaisir. Outre les internationales, on n’oublie pas les filles qui ont pris le relai pendant l’absence de nos bleues. On a un groupe avec pas mal de leader finalement et on s’entend très bien. Cela tire vraiment tout le monde vers le haut et cela donne confiance. Si une fille un peu plus discrète souhaite dire quelque chose, elle sera écoutée autant qu’une internationale. Nous sommes un groupe avant tout et chacune a sa place.

326792497_1187861008519797_1738215855499461911_n.jpgRA : les ambitions des Amazones cette saison, quelles sont-elles ?

MD : l’appétit venant en mangeant, l’ambition est de se qualifier pour les phases finales et cela pour les 2 collectifs : Élite 1 et équipe réserve. Le challenge sera peut-être un peu plus difficile pour la réserve mais je sens que l’on est de mieux en mieux et l’objectif est tout à fait atteignable. Pour l’élite 1 on est bien parti. On va voir jusqu’où cela nous mène. En tout cas l’objectif principal c’est la qualif.

RA : le championnat est particulier dans son rythme cette année : début en décembre, puis coupure prochainement pour cause de tournoi des 6 Nations et reprise pour la fin de saison en mai. Comment on gère ?

MD : Bon c’est vrai que c’est exceptionnel en raison de la coupe du monde. Débuter le championnat en décembre on ne l’a jamais connu. On des supers coachs et prépa physique qui arrivent à adapter nos rythmes de travail en fonction de cette particularité. Du repos quand il le faut et plus d’entrainements dans les moments opportuns tout en nous donnant l’appétit d’avoir envie de continuer à jouer et de vouloir toujours performer. Après il nous arrive d’avoir malgré tout des coups de mou. Il ne faut pas oublier que nous ne sommes pas professionnelles. Nous sommes salariées ou étudiantes. Et puis avec notre très bon début de saison, on n’a pas envie de lâcher.

RA : ce statut amateur, il est difficile à gérer ? Quand on travaille ou étudie et qu’on s’entraine 4 fois par semaine, on fait comment pour avoir une vie de famille ?

MD : La vie de famille ? nous n’en n’avons pas vraiment. On fait passer le rugby en priorité. On le fait parce que c’est notre passion et c’est pour cela que ça ne nous pose pas de problème de le faire. C’est pour cela que nos temps de récupération et nos semaines de pauses nous font beaucoup de bien. Après c’est une habitude. Bon nous n’avons pas vraiment le choix non plus. C’est comme ça et on s’adapte. Rester focus sur les entrainements lorsque tu t’es fadé ta journée de boulot ce n’est pas simple. Cela se fait bien malgré tout.

RA : vous n’avez pas d’horaires adaptés ?

MD : pas pour le moment. On espère fortement que les entreprises avec lesquelles on collabore pourraient nous permettre de sortir du travail un peu plus tôt. Cela nous permettrait de nous entrainer plus tôt de 17h à 19h par exemple. C’est un souhait mais c’est un souhait sur du long terme pour le moment, ce n’est pas encore acté. Pour les filles qui sont en équipe de France, il y a des aménagements d’horaires. Mana Feleu reste étudiante en médecine, Émeline Gros est infirmière de formation et elle aimerait refaire quelques heures dans son domaine et Alexandra Chambon est, elle aussi, étudiante. Elles possèdent le statut de sportives de haut niveau ce qui leur confère des avantages sur leurs horaires. L’alternance serait d’ailleurs le meilleur compromis pour les joueuses. Avis aux entreprises !

Propos recueillis par El_Presidente / Crédits photos Karine VALENTIN
 
Super joueuse !

Effectivement comme on le voit dans cette interview, les Amazones qui jouent Elite 1 (l'équivalent du top14 féminin) : sont des amateurs. Elles ne vivent pas du rugby et c'est avant tout une passion qui nécessite un gros investissement personnel : 4 entrainements par semaine, plus les matchs le week end... Ajoutés à leurs boulots ou leurs études : ça force le respect.

C'est ça dans beaucoup de sport mais on l'oublie très souvent 😉

Bravo à elles et merde pour la fin de saison ❤️💙
 
On essaiera de vous faire partager le quotidien des joueuses si elles le veulent bien. Ça force le respect. Sportivement aussi car nous avons une très belle équipe féminine et des équipes jeunes non moins talentueuses.

Merci à Margaux d'avoir accepté cette interview.
 
Interview très intéressante. Effectivement elles forcent le respect par leur abnégation. Je leur souhaite également de réussir l'objectif de qualification. Force et Féminité.
 
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