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Reportage Le Rugby au féminin

El_Presidente

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Grenoble
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Photo : Karine VALENTN

Le rugby féminin, évidemment que c’est du rugby !

18600 personnes pour le match de l’équipe de France face au Pays de Galles le 23 avril dernier au Stade des Alpes et plus de 50000 une semaine plus tard à Twickenham pour un Angleterre- France d’anthologie. Pourtant, chaque week-end, les matchs du championnat de France Elite 1 peinent à attirer du monde. « J’ai eu la chance de jouer dans plusieurs clubs, nous dit Émeline Gros, à Grenoble c’est là ou il y a le plus de monde, malgré cela le public ne se déplace pas aussi nombreux que pour les matchs de l’équipe de France ». Émeline, c’est la 3ème ligne emblématique du FCG Amazones. Internationale depuis 2017, la savoyarde dresse un constat lucide lorsqu’on lui demande pourquoi un tel écart : « il manque peut-être un peu de communication et puis un peu de niveau aussi. Quand tu joues pour l’équipe de France c’est autre chose, les supporters se reconnaissent plus en l’EDF que dans un club et puis je pense que dans certaines mentalités c’est tout simplement parce que nous sommes des filles. Même si cela évolue et c’est tant mieux, on nous demande encore si les règles sont les mêmes que pour les hommes : et bien oui, c’est le même championnat ? Oui ! quand on dit que le championnat Elite 1 équivaut au Top14 cela surprend ».

Cela surprend pour ceux qui ne sont pas venus voir jouer les filles. Exemple, en février dernier les Amazones ont reçu l’équipe de Blagnac bardée de sa pléiade de joueuses de l’équipe de France. De la 1ère à la dernière minute, le jeu a été intense, les contacts ont été impressionnants et la vitesse de jeu constante. « oui on nous dit parfois, ah mais ça tape quand même ! ben oui c’est du rugby quoi » répond Émeline Gros quand on lui fait ce genre de remarque. « Les supporters des garçons, parfois, ne savent pas qu’il y a une équipe féminine au sein de leur club » remarque Manae Feleu la 2ème ligne des Amazones et de l’EDF.

« sauf que quand ils viennent nous voir et bien ils sont surpris », enchaine Ambre Mwayembe, toute nouvelle internationale qui joue elle aussi pour les Amazones, « ah mais c’est bien en fait ce que vous faites » leur font remarquer les spectateurs qui les découvrent.« Les gens pensent que forcément si on est des filles et bien alors on exerce une autre discipline, bref qu’on ne joue pas au même rugby que les garçons » constate Émeline Gros.

Alors faut-il éduquer les aficionados du rugby masculin ? peut-être et pour cela quoi de mieux que de mettre en avant les filles qui jouent au rugby. Leurs difficultés liées aux entrainements : en élite c’est 4 à 5 entrainements par semaine. Les filles ne sont pas, encore, professionnelles. Certaines travaillent, d’autres sont étudiantes, il faut jongler avec les horaires pour pouvoir s’entrainer correctement.

Et puis, la communication aussi est importante : les Amazones au SDA pour jouer après les garçons par exemple ? utopie ou possibilité ? Un FCG en Top14 pourrait permettre d'enchainer les 2 rencontres.

« Jouer le dimanche ce n’est pas forcément le meilleur jour par rapport aux rencontres des garçons, ça se télescope » analyse Émeline Gros « et puis le public va préférer suivre l’équipe masculine de son club de cœur en division inférieure plutôt que de venir voir des filles » poursuit-elle.

Un travail d’harmonisation des horaires et des rencontres pourrait être fait également lors des matchs de championnat. Beaucoup de travail encore à réaliser pour le rugby féminin, même si celui-ci prend de l’essor en grande partie grâce aux performances de l’équipe de France.

Les nombreux spectateurs qui étaient présents dans les tribunes de Lesdiguières dimanche dernier pour le ¼ de finale des Amazones face aux championnes de France en titre, le Stade Toulousain ont vu que le rugby féminin, c’est du rugby et du bon rugby. D’ailleurs pourquoi rugby, féminin ? Elles sont 15 contre 15, elles jouent 80 minutes et ont les mêmes règles que les garçons. Le rugby n’a pas de sexe, il a des passionné-es des athlètes, des valeurs et c’est pour ça qu’on l’aime.

El_Presidente
 
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