Aubin Hueber : remettre le FCG sur des bases plus claires
Pour sa quatrième saison à Grenoble, Aubin Hueber semble vouloir lever les dernières ambiguïtés autour de sa fonction. Depuis qu'il a pris du recul par rapport au rôle de manager, son positionnement au sein du club a parfois suscité des interrogations. Il profite de cette nouvelle saison pour expliquer plus précisément ce qu'il fait et surtout ce qu'il ne fait pas.Une volonté de repartir sur de nouvelles bases. Après une saison particulièrement mouvementée, le club a choisi de repartir avec un projet largement renouvelé, aussi bien dans le staff que dans son fonctionnement. L'objectif affiché est de retrouver davantage de cohérence et de sérénité, aussi bien dans le travail quotidien que dans les comportements. L'arrivée de David Irazoqui pour prendre en charge les trois-quarts et le jeu offensif participe de cette volonté de repartir avec une organisation différente.
Pour Aubin Hueber, il fallait avant tout remettre un peu d'ordre et redonner un cadre clair au fonctionnement du FCG. Une intersaison utilisée pour reconstruire le collectif
Cette année a également permis au staff de bénéficier d'une véritable coupure et d'une préparation beaucoup plus structurée. Le staff a repris le travail dès le 22 juin, avec notamment un séminaire de trois jours à l'Alpe d'Huez. L'objectif de ce rassemblement était assez simple : définir précisément les responsabilités de chacun et construire une véritable équipe autour du staff. Le choix du club est de conserver une organisation à deux entraîneurs principaux. Jérôme Villegas est chargé du secteur des avants, avec la conquête, la mêlée et la touche, tandis que David Irazoqui prend en main les trois-quarts et le secteur offensif. La défense reste confiée à Lionel Ringeval. Autour de ce trio, le club a également renforcé différents secteurs : Morgann Denis pour la préparation musculaire, Bastien Auzeil ( sportif de haut niveau en athlétisme, champion de france de l'heptathlon en salle et sur le poduim du décathlon en france) pour la réathlétisation et Olivier Carles pour la nutrition. Margot Holaind conserve pour sa part son rôle de team manager. Le club semble donc avoir voulu construire un encadrement plus large, avec des compétences bien identifiées plutôt que de faire reposer une grande partie du fonctionnement sur quelques personnes.
Et Hueber dans tout cela ?
C'est probablement le point le plus intéressant . Aubin Hueber aux multiples casquettes, va superviser les travaux du centre de performance et se définit désormais comme un directeur du rugby davantage que comme un entraîneur. Son rôle est avant tout de faire le lien entre la direction et le staff, de faciliter leur travail et d'intervenir lorsqu'il faut résoudre un problème ou arbitrer une difficulté. Il revendique son expérience pour accompagner les entraîneurs, mais ne souhaite pas empiéter sur leurs responsabilités sportives. En clair, Villegas et Irazoqui ont la main sur le terrain. Hueber peut échanger avec eux, donner son avis et apporter son expérience, mais la décision finale leur appartient. C'est une différence importante avec sa première période au FCG, lorsqu'il occupait une fonction beaucoup plus directement opérationnelle.
Les compositions et le jeu restent du ressort des entraîneurs. Même chose concernant les compositions d'équipe et les choix tactiques. Hueber reconnaît naturellement qu'il peut discuter avec le staff et donner son sentiment, tout comme le président Patrick Goffi peut le faire. Mais la décision finale revient aux entraîneurs. C'est finalement assez logique : si l'on demande à Jérôme Villegas et David Irazoqui d'assumer la responsabilité sportive du groupe, il faut également leur laisser la liberté nécessaire pour exercer cette responsabilité. Aubin Hueber explique d'ailleurs qu'il connaît parfaitement les contraintes liées à ce métier pour l'avoir lui-même exercé comme entraîneur, manager ou adjoint.
Une fonction de « facilitateur » Je trouve finalement que le terme employé par Aubin Hueber résume assez bien sa nouvelle fonction : facilitateur.
Il n'est plus celui qui doit décider de tout. Son rôle est plutôt de faire en sorte que ceux qui ont la responsabilité du terrain puissent travailler dans les meilleures conditions possibles. Cela signifie aussi être capable de prendre de la hauteur, de gérer les relations entre les différents acteurs du club et de veiller à ce que le groupe, entraîneurs comme joueurs, fonctionne correctement. Et c'est peut-être justement ce dont le FCG avait besoin après une saison où le fonctionnement interne avait parfois semblé manquer de lisibilité. Reste maintenant à vérifier une chose essentielle : est-ce que cette nouvelle organisation se traduira réellement sur le terrain ? Car sur le papier, les responsabilités semblent aujourd'hui beaucoup plus clairement définies. Villegas et Irazoqui ont les clés du sportif, Ringeval celles de la défense, et Hueber doit assurer le lien et la cohérence de l'ensemble. Après la saison dernière, cette volonté de repartir avec des rôles mieux définis et un fonctionnement plus structuré est plutôt rassurante. Maintenant, comme toujours au rugby, ce sont les résultats et le comportement de l'équipe qui permettront de juger si la nouvelle organisation fonctionne réellement.