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Debrief 25/26 Débrief du match à Oyonnax

Fred Fcg

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8 Novembre 2022
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Bonjour la team du Raffut Alpin, voici le traditionnel débrief du match à Oyonnax

« Les Grenoblois sont têtus »

A quelques minutes du début de la rencontre, les commentateurs de Canal+ présentaient les deux équipes et les enjeux de ce derby rhônalpin entre Grenoble et Oyonnax : deux clubs revanchards. Revanchards les Oyomen en raison de leur dernière saison loupée malgré leur statut de favori, revanchards les Grenoblois en raison de leurs six opportunités loupées de monter en Top 14, mais comme le dit jean-Baptiste Esculié : « Les Grenoblois sont têtus ». Il ne pouvait pas si bien dire mais il n’avait sans doute pas imaginé le scénario du match avec cette fin de match complétement folle.

Marc Duzan, journaliste au Midi Olympique, plantait également le décor de ce match en ses termes concernant les Grenoblois : « le rugby grenoblois repart, obstiné, fidèle à sa vocation d’ascenseur (il faisait allusion aux finales perdues) contrarié, avec l’espoir d’accrocher enfin, au printemps prochain, cette promotion qui finit toujours par se dérober. Le calendrier les ramène dans un décor qui sied à leur histoire récente : Oyonnax, une place forte de la division, un stade où l’on se cogne et où l’on, s’explique, un déplacement qui peut aider Grenoble à tourner la page. » Là encore, le journaliste ne pouvait pas si bien dire, mais est-ce qu’il pensait à une victoire des Grenoblois en terre hostile dans un stade Charles-Mathon où les équipes mordent la poussière et repartent avec un plein d’essais dans les valises ? Aubin Hueber, le directeur sportif du FCG estime que les échecs en finale doivent servir de leitmotiv pour cette saison : « Nous avons hâte que la compétition reprenne pour enfin repartir de l’avant et nettoyer définitivement les têtes. Je sens de la détermination et de l’implication chez les joueurs et c’est tant mieux, car cette Pro D2 s’annonce énormissime. » Là, encore, je ne pense pas qu’Aubin avait envisagé une telle issue à ce match qui s’annonçait compliquée pour les hommes du duo Nadau-Pézery, eux qui accusaient un retard de quatre semaines de préparation par rapport à tous leurs concurrents. Au moment de démarrer la compétition, on pouvait légitimement se poser la question de savoir si les Isérois avaient bien digéré cette frustrante fin de saison dernière ? N’allaient-ils pas payer cher cette entame de saison chez un adversaire dont l’ambition première était d’abord de solder les contentieux avec les Grenoblois qui les avaient humiliés sur leur pelouse en novembre dernier (23-38) ?



Une entame de feu suivi d’un gros temps faible

Ce sont les Oyomen qui ouvrent le bal. Très vite les coéquipiers d’Antonin Berruyer se lancent à l’assaut du camp des Aindinois sans arrière-pensée négative. Ils tiennent le ballon sur une séquence offensive qui a duré pas loin de deux minutes qui se termine par une faute des Oyomen. Première mêlée du match, premier lancement de jeu des Dauphinois qui se termine dans l’en-but d’Oyonnax. Quelle action magnifique ! Derrière sa mêlée, Barnabé Couilloud alerte son ailier et lui adresse une passe au pied à suivre, celle-ci est parfaite, elle atterrit dans les mains de la nouvelle recrue Aurélien Callandret (ex joueur d’Oyonnax) qui déborde d’une course rageuse son vis-à-vis. Superbe essai transformé par Romain Trouilloud (4e, 0-7) Quel départ canon des Grenoblois qui refroidit les ardeurs des supporters de l’USO en tribunes. Très calme sur le bord du terrain, Nicolas Nadau félicite ses joueurs d’un j’aime. A partir ce moment, le coach des arrières grenoblois savaient que les Oyomen n’en resteraient pas là. A peine dix minutes plus tard, ce sont les Rouge et Noir qui allaient déposer le ballon en terre promise de fort belle manière (12e, 5-7) après deux grosses séquences où ils sont allés dans l’en-but sans pouvoir marquer. La troisième sera la bonne.

Cette reprise en main du match des hommes du Haut-Bugey contraint les Grenoblois à défendre et à se montrer indisciplinés, trois pénalités consécutives dont une en mêlée ainsi qu’un carton jaune pour le deuxième ligne, Brandon Nansen, à la limite du carton rouge. Durant un bon quart d’heure, les Oyomen marquent treize points, un essai(34e) et deux pénalités (22e, 29e) pour faute en mêlée des Grenoblois en infériorité numérique. De 5-7, le score passe à 18-10. Les hommes de Fabien Cibray dominent largement les débats face à des Isérois pris de vitesse en défense et physiquement dans le combat. Fort, heureusement, le scénario change au retour du carton jaune, ce qui stabilise la mêlée et permet de lancer des séquences après la bonne conquête. Grenoble recolle au score avant la pause : 18-13.

Pour résumer cette première mi-temps, on pourrait dire que les Grenoblois ont, certes du retard dans leur préparation notamment au niveau des connexions en défense (franchissement du premier rideau, plages loupés, replacement trop lent) mais au niveau du jeu offensif, il est toujours présent. Il reste, néanmoins, des réglages à peaufiner, pour preuve la passe à l’aveugle la demi-heure de jeu qui débouche sur une contre-attaque et le deuxième essai des hommes de Johann Autier. Et si on pouvait se poser des questions sur l’état du mental des Grenoblois, on en a eu une partie de la réponse. En revenant dans les clous du bonus défensif, les joueurs ont montré des vertus de résilience. Leur état d’esprit est resté intact. Ils ne lâchent rien et ils répondent présent dès la moindre occasion.



Les statistiques de la première mi-temps :

Touches (Grenoble) :2, 100%.

Touche (USO) : 6, trois ballons perdus.

Mêlée (Grenoble) : 5, une pénalité de chaque côté ainsi qu’un bras cassé contre Oyonnax.

Mêlée (USO) :4, deux pénalités contre Grenoble.

Pénalité : 5 contre Grenoble et un carton jaune et 3 contre Oyonnax.



Poursuite de la domination des Oyomen

Au retour des vestiaires, la physionomie du match ne change pas beaucoup avec la domination des Oyomen, et l’éclaircie entrevue en fin de première mi-temps n’était qu’un feu de paille. Pour la première fois, la touche grenobloise cafouille et se fait contrer à deux reprises. Une nouvelle fois, la défense se fait franchir avec deux plaquages loupés. La sanction est immédiate. Oyonnax marque son troisième essai et prend le large avec douze points d’avance. (46e, 25-13). A ce moment-là, on ne donne pas cher de la peau des Grenoblois et une victoire bonifiée d’Oyonnax se profile à l’horizon, ce que semblent confirmer les deux commentateurs de Canal+ évoquant le retard dans la préparation des Grenoblois comme cause du différentiel entre les deux équipes. Cependant, ils ont oublié que les coachs isérois n’ont pas dit leurs derniers mots ainsi que les joueurs.

Coaching intelligent des Grenoblois

Sentant le match leur échapper, Patrick Pézery et Nicolas Nadau commencent à faire rentrer les finisseurs en ciblant les points faibles : la mêlée tangue à gauche, on remplace le pilier gauche, il manque de l’énergie et de la puissance pour faire avancer le ballon, on fait entrer le puissant Giorgi Javakhia et José Madeira pour la mobilité. L’effet est immédiat. Les Oyomen se montrent indisciplinés et Grenoble revient dans la partie en se montrant plus précis dans le jeu de passes avec de bonnes séquences. Avant l’heure de jeu, Giorgi javakhia fait parler sa puissance en marquant un essai après un jeu au ras ! (57e, 25-20). C’est un premier tournant dans le match. Troisième changement avec des joueurs d’expérience à la fois devant (Cody Thomas et Romain Ruffenach) et derrière (Gerswin Mouton et Eric Escande). Ces finisseurs remplissent parfaitement leur rôle et dynamisent le jeu. Le banc d’Oyonnax n’apporte pas la plus -value escomptée contrairement aux hommes de Nicolas Nadau. La conquête en touche est dominée par les Grenoblois (deux ballons volés en touche (60e et 64e), s’ensuit une très grosse occasion d’essai vendangée à quelques mètres en raison d’un en-avant de Romain Trouilloud. Grenoble exerce une grosse pression en mêlée et récupère le ballon. A la sortie du ballon, Romain Trouilloud se reprend de sa bévue en réalisant un offload d’école pour son coéquipier Gerswin Mouton qui plante le troisième essai ! (69e, 28-27). Grenoble a fait son retard et n’a plus qu’un tout petit point de retard ! Le coaching d’Oyonnax est maladroit. Leurs coachs décident de faire jouer leur demi-de mêlée au centre ce qui rend leur défense très friable, leur demi-d’ouverture est cuit (crampes) comme d’autres de leurs joueurs. C’est ce que reconnaitra Fabien Cibray après le match pour expliquer la défaite : « On s’est retrouvé avec Jonathan Ruru au centre, des choses un peu bizarres et ça nous a déstabilisés. Dans le money time, la cohésion collective était plus chez eux que chez nous, tout simplement.". Grenoble domine, se montre plus dangereux, Oyonnax cafouille en commettant des fautes de main.

Romain Trouilloud prend ses responsabilités

La dernière faute leur sera fatale. Après une séance interminable de mêlées à rejouer, Grenoble obtient la faute recherchée. Seulement voilà, la pénalité est à plus de 55m ! Malgré tout, Nicolas Nadau demande les trois points, il avait fait rentrer Marc Palmier connu pour avoir un coup de pied très long. Se sentant en confiance et en réussite, Romain Trouilloud veut la tenter. Sous un déluge de sifflets du public oyonnaxien, Romain se met dans sa bulle, effectue son rituel coup d’œil en direction des perches avant de taper ; Et hop, le ballon part en direction du centre des poteaux et passe au-dessus de la barre ! Cris de joie et embrassade sur le bord de touche dans le camp grenoblois ! Incroyable coup de pied de Romain qui crucifie sur le gong les Oyomen totalement frustrer de perdre de la sorte à la sirène. Romain a fait preuve de beaucoup de caractère, d’un moral à toute épreuve. Son audace a été récompensée. Victoire de Grenoble : 28-30 !



Les statistiques de la deuxième mi-temps :

Touches (Grenoble) :6, un ballon perdu.

Touche (USO) : 3, deux ballons perdus.

Mêlée (Grenoble) : 4, un bras cassé et une pénalité contre Oyonnax.

Mêlée (USO) :5, une pénalité contre Grenoble.

Pénalité : 2 contre Grenoble et 3 contre Oyonnax.

Les commentaires d’après match

En conférence de presse, Romain garde son calme, reste humble : « : "Marc (Palmier) est venu me voir au moment de tenter la pénalité de la gagne et m’a dit 'Je la prends'. Je lui ai répondu 'Non, c’est bon, je suis en confiance à 6 sur 6, je prends la responsabilité'. Tout le monde a commencé à venir me voir pour me dire 'Allez, on croit en toi', mais j’avais besoin d’être dans ma bulle. Je leur ai dit de dégager, j’ai porté mes c******* et c’est passé, donc tant mieux !"

Pour Nicolas Nadau estime qu’un bonus défensif aurait été une bonne opération : « "On avait besoin de rebondir, d’emmagasiner de la confiance. Nos finisseurs ont fait le job. Dans le contenu, on n’est pas réellement satisfaits car on a été trop dominés, notamment en mêlée. Mais franchement, le point de bonus défensif aurait déjà été une grande satisfaction pour nous, donc la victoire n’en est que plus belle."

Jules Bousquet, journaliste au midol, parle d’un « hold up » dans son article d’après match sur Rugbyrama sans le justifier vraiment. Personnellement, au vu des 25 dernières minutes, Grenoble a réussi à faire basculer la rencontre en raison d’un meilleur banc, d’une meilleure gestion du money time, d’une plus grande maîtrise. L’énergie et la vitesse apportées par les finisseurs ont fait la différence. Certes Grenoble a été dominé une partie du match, mais par une équipe qui a manqué de maîtrise dans la zone de marque. Dominer sans efficacité, cela ne marche pas au rugby.

Cette victoire, pour Nicolas Nadau est le fruit « d’un beau travail collectif », ce qui fait toujours la force d’une équipe. Bravo au staff et aux joueurs. Je pense que, maintenant, la saison va réellement commencer. Il est temps de tourner définitivement la page des deux échecs du début juin et de se concentrer sur les 29 étapes à venir en poursuivant le travail collectif.

Prochain match au Stade des Alpes contre Aurillac qui a été sans pitié contre le promu carcassonnais en marquant six essais ! Les hommes du duo Nadau-Pézery sont prévenus.
 
Super ! Merci Fred pour ton compte rendu. Il est vrai qu'on pourrait penser à un hold up étant donné la domination d'Oyonnax pendant 50 minutes mais en réalité ils n'ont pas eu l'efficacité pour aller au bout de leurs actions et on s'est accrochés aussi bien défensivement qu'au score. La différence c'est notre ultra efficacité en zone de marque, on a marqué à chaque incursion dans les 22 mètres adverses. Finalement ce n'est pas un hold up parce que le but c'est de marquer plus que l'adversaire ce qu'on a su faire grâce à une bonne efficacité.
 
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